Convention collective Métallurgie
Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 - Étendue par arrêté du 14 décembre 2022 JORF 22 décembre 2022
Relevez-vous vraiment de l'IDCC 3248 ? Le code NAF ne suffit pas
Beaucoup vérifient leur convention à partir du code APE/NAF inscrit sur l'extrait Kbis ou la fiche INSEE. C'est un bon point de départ, mais ce n'est qu'un indice. Le champ d'application de la métallurgie se lit à l'activité principale réellement exercée par l'établissement, pas au code que l'INSEE a attribué — un code inexact ne fait ni entrer ni sortir de la convention. Les codes ci-dessous sont ceux qu'on retrouve le plus souvent dans la branche.
| Code NAF | Activité |
|---|---|
| 24.10Z | Sidérurgie |
| 25.11Z | Fabrication de structures métalliques et de parties de structures |
| 25.62B | Mécanique industrielle |
| 28.11Z | Fabrication de moteurs et turbines (hors moteurs d'avions et de véhicules) |
| 29.10Z | Construction de véhicules automobiles |
| 30.30Z | Construction aéronautique et spatiale |
| 33.11Z | Réparation d'ouvrages en métaux |
Deux cas fréquents qui trompent : un atelier de mécanique rattaché à une activité de négoce peut relever du commerce et non de la métallurgie ; à l'inverse, une entreprise au code « services » dont le cœur de métier est l'usinage relève bien de la branche. En cas de doute, c'est l'activité qui tranche, et le juge s'appuie sur elle, pas sur le code.
Vérifiez le code APE de votre établissement sur l'annuaire des entreprises (data.gouv.fr) à partir de votre SIRET, puis recoupez avec l'activité réelle.
La classification par cotation : comment votre emploi devient une classe
Fini les anciens coefficients (215, 240, 305…) et les niveaux/échelons. Chaque emploi est d'abord décrit dans une fiche, puis coté sur six critères classants. Chacun se note d'un degré de 1 à 10.
| Critère classant | Ce qu'il mesure |
|---|---|
| Complexité de l'activité | difficulté et technicité du travail, diversité des situations, problèmes à traiter et solutions à mettre en œuvre |
| Connaissances | savoirs et savoir-faire requis par l'emploi, acquis par la formation initiale, continue ou l'expérience |
| Autonomie | latitude d'action, d'organisation et de décision dans l'emploi, et le niveau de contrôle associé |
| Contribution | effet et influence des actions et décisions sur l'activité, l'organisation et son environnement |
| Encadrement / coopération | appui, tutorat, transmission, supervision, management ou coordination exercés dans l'emploi |
| Communication | nature et variété des échanges et des interlocuteurs : transmettre, consulter, négocier, représenter |
On additionne les six degrés. Le total tombe entre 6 et 60 points. C'est ce total qui fixe tout le reste :
- On décrit l'emploi réellement tenu (pas l'intitulé du contrat).
- On cote chacun des 6 critères par un degré de 1 à 10.
- On additionne : la cotation totale va de 6 à 60 points.
- La table de conversion annexée à la convention traduit ce total en une classe d'emploi de 1 à 18.
- Cette classe se range dans un groupe d'emplois de A à I : A à E pour les non-cadres, F à I pour les cadres.
Un exemple pour rendre ça concret
Pour un technicien de maintenance, l'employeur cote par exemple la complexité à 5, les connaissances à 5, l'autonomie à 4, la contribution à 4, l'encadrement à 2 et la communication à 3. Total : 23 points. Ce total le place dans l'une des 18 classes via la table de conversion — et c'est cette classe, pas son ancien coefficient, qui commande désormais son salaire minimum. Les degrés retenus se discutent : si l'autonomie réelle du poste vaut 6 et non 4, la cotation change, et la classe avec.
Conséquence que beaucoup découvrent en 2024 : le statut cadre n'est plus une étiquette négociée à l'embauche. Il découle de la classe. On devient cadre parce que la cotation atteint le groupe F, pas l'inverse.
À chaque classe, un salaire minimum hiérarchique (SMH)
À chacune des 18 classes correspond un salaire minimum hiérarchique, fixé par le barème unique national et revalorisé chaque année par accord de branche. Le minimum réellement dû n'est pas automatiquement le SMH : c'est le plus élevé entre ce SMH et le SMIC — celui des deux qui est le plus favorable au salarié.
On ne recopie pas ici la grille en euros. Elle est renégociée d'une année sur l'autre, et un montant périmé rend un plus mauvais service qu'une absence de montant. Pour la grille en vigueur, classe par classe, la source à jour est le barème officiel — que nous ne publions en euros, sur ce site, que là où l'avenant et son arrêté d'extension ont été relus ligne à ligne.
Prime d'ancienneté : réservée aux non-cadres, plafonnée à 15 ans
Elle ne concerne que les groupes A à E (les non-cadres) et se déclenche à partir de 3 ans d'ancienneté dans l'entreprise. Son montant mensuel suit la formule (valeur du point × taux × 100) × nombre d'années d'ancienneté, dans la limite de 15 ans : au-delà, la prime n'augmente plus.
- Le taux dépend de la classe : de 1,45 % pour la classe 1 à 3,8 % pour la classe 10. Plus la classe est élevée, plus la prime pèse.
- La valeur du point varie selon le territoire. Elle est fixée par accord territorial ou sectoriel, pas au niveau national : à ancienneté et classe égales, deux salariés de régions différentes peuvent toucher une prime différente. C'est le dernier vestige de l'organisation territoriale d'avant 2024.
- Non-cadre en forfait jours : la prime est majorée de 30 %.
- Temps partiel : elle est proratisée sur l'horaire réel rapporté à 35 heures.
- Elle doit apparaître sur une ligne distincte du bulletin de paie, pas fondue dans le salaire de base.
Période d'essai dans la métallurgie : le statut cadre change tout
La durée maximale suit la catégorie : 2 mois pour un ouvrier ou employé, 3 mois pour un agent de maîtrise ou technicien, 4 mois pour un cadre (plafond légal, art. L1221-19). Le point à retenir depuis la réforme : on n'est plus cadre parce que le contrat le dit, mais parce que la cotation atteint le groupe F. Un salarié classé en groupe F à I entre donc dans l'essai « cadre » de 4 mois ; en groupe A à E, dans l'essai de 2 ou 3 mois selon l'emploi. Une convention peut prévoir une durée plus courte — jamais plus longue —, auquel cas c'est elle qui prime.
Le délai de prévenance pour rompre l'essai est le même que dans le droit commun (art. L1221-25) : 48 h entre 8 jours et 1 mois de présence, 2 semaines après 1 mois, 1 mois après 3 mois. Le calcul ci-dessous vous donne la date de fin exacte (essai initial et renouvelé) et la date-limite à laquelle l'employeur doit prévenir. Tout se calcule dans votre navigateur.
Il figure sur votre contrat.
Premier jour de travail effectif.
Indiquez votre statut et votre date d'embauche : le calcul se fait dans votre navigateur, rien n'est envoyé.
Sources : convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248, art. 139, 142, 143 et annexe 7 pour la prime d'ancienneté) ; Code du travail numérique (service public), fiches « l'essentiel de la nouvelle convention », « salaire minimum » et « prime d'ancienneté ». Durées et délais de la période d'essai : code du travail, art. L1221-19 et L1221-25. Codes NAF : nomenclature d'activités françaises (INSEE, rév. 2), donnée à titre d'indice. Barème des salaires minima révisé chaque année : vérifiez la date de l'accord en vigueur avant de vous en servir.
Télécharger la convention collective IDCC 3248
Le texte intégral est gratuit sur Légifrance. Personne ne devrait vous le facturer 2 ou 3 € — c'est du domaine public. Ce qu'on ajoute, c'est la fiche ci-dessous : l'identité de la convention, ce que le texte couvre, et le montant réellement opposable quand on a pu le vérifier. Une page, pas d'email à laisser.
À télécharger ailleurs ? Toutes les conventions à télécharger en PDF gratuit — et pourquoi ce document public ne doit jamais vous être facturé.
Fiche convention collective — IDCC 3248
convention-facile.fr
- IDCC
- 3248
- Intitulé officiel
- Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 - Étendue par arrêté du 14 décembre 2022 JORF 22 décembre 2022
- Secteur
- Métallurgie
- Salariés couverts
- ~723 000
- Identifiant Légifrance
- KALICONT000046993250
- Texte consolidé
- 5 061 articles
- Thèmes couverts ici
- Salaires & rémunération · Classification & coefficients · Congés · Prime d'ancienneté · Rupture & indemnités · Durée du travail · Maladie & prévoyance · Contrat & embauche
Salaire minimum applicable
Le texte de base ne contient aucune grille en euros : il renvoie à un avenant « salaires » renégocié, en général chaque année, et qui n'est opposable à toute la branche qu'une fois son arrêté d'extension publié au JO. On ne publie pas de montant pour l'IDCC 3248 tant que cet avenant et son arrêté n'ont pas été relus ligne à ligne — à ce jour, c'est fait pour les IDCC 1090 et 2264. L'avenant en vigueur se trouve sur Légifrance, dans le bloc « Textes Salaires » de la convention.
Plancher valable dans tous les cas : le SMIC, 1 867,02 € brut par mois sur la base de 151,67 h (12,31 € de l'heure), depuis le 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, JO du 24 mai 2026). Un minimum conventionnel plus bas que ce montant ne s'applique pas : c'est le SMIC qui prime.
Fiche établie par convention-facile.fr d'après la base KALI (Légifrance / DILA). Le texte officiel fait foi : https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALICONT000046993250. Les montants conventionnels évoluent par avenant — vérifiez la date d'extension avant de vous en servir dans une discussion salariale.
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Sommaire de la convention
- Texte de base : Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 - Étendue par arrêté du 14 décembre 2022 JORF 22 décembre 2022
- Préambule
- Titre Ier Dispositions générales
- Chapitre 1er Périmètre et champ d'application
- Chapitre 2 Ancienneté
- Chapitre 3 Affirmation des principes de la branche en matière de dialogue social
- Chapitre 4 Affirmation des principes de la branche en matière d'emploi, de formation, de conditions de travail, de handicap et d'égalité professionnelle
- Titre II Principes, philosophie et architecture du dispositif conventionnel de la branche
- Chapitre 1er La branche professionnelle de la métallurgie
- Chapitre 2 L'architecture du dispositif conventionnel de la métallurgie
- Chapitre 3 L'expérimentation conventionnelle
- Titre III Gouvernance du dialogue social de branche
- Chapitre 1er Les instances paritaires de branche relatives à la négociation, à l'interprétation, à la conciliation et au dialogue économique
- Chapitre 2 Instances paritaires nationales de branche en matière d'emploi et de formation professionnelle
- Chapitre 3 Instances paritaires régionales de branche et dialogue social territorial en matière d'emploi et de formation professionnelle
- Chapitre 4 Les modalités spécifiques du dialogue social
- Chapitre 5 Les voies et moyens du dialogue social de branche
- Titre IV Dialogue social en entreprise
- Chapitre 1er Des voies du dialogue adaptées à l'entreprise
- Chapitre 2 Des moyens au service des acteurs du dialogue en entreprise
- Titre V Classification
- Chapitre préliminaire
- Titre VI Contrat de travail
- Chapitre 1er Formation du contrat de travail
- Chapitre 2 Exécution du contrat de travail
- Chapitre 3 Rupture du contrat de travail
- Chapitre 4 Dispositions particulières en matière de prévention du licenciement pour motif économique et de rupture du contrat de travail
- Titre VII Suspensions du contrat de travail
- Chapitre 1er Congés payés. Congés exceptionnels
- Chapitre 2 Maladie. Accident. Parentalité
- Chapitre 3 Autres dispositions
- Titre VIII Durée du travail
- Chapitre 1er Durée du travail : règles générales
- Chapitre 2 Le décompte pluri-hebdomadaire du temps de travail
- Chapitre 3 Prendre en compte l'autonomie des salariés
- Chapitre 4 Assurer la continuité de l'activité sur la semaine
- Chapitre 5 Assurer la continuité de l'activité sur la journée : le travail de nuit
- Chapitre 6 Temps partiel
- Chapitre 7 Compte épargne-temps
- Chapitre 8 Dispositions transitoires
- Titre IX Déplacements professionnels
- Titre X Rémunération
- Chapitre 1er Salaires minima hiérarchiques
- Chapitre 2 Prime d'ancienneté
- Chapitre 3 Contreparties salariales à certaines organisations particulières du travail
- Chapitre 4 Remboursement de frais professionnels
- Chapitre 5 Les salariés auteurs d'une invention
- Chapitre 6 Dispositions particulières applicables aux salariés titulaires d'un contrat en alternance
- Chapitre 7 Suivi spécifique des dispositions relatives à la rémunération
- Chapitre 8 Garantie conventionnelle individuelle de rémunération
- Titre XI Protection sociale complémentaire
- Titre XII Dispositions nationales relatives aux conditions d'exercice des missions des salariés occupant des emplois relevant d'un certain degré de responsabilité
- Chapitre 1er Principes
- Chapitre 2 Salariés visés
- Chapitre 3 Dispositions générales
- Chapitre 4 Dispositions relatives à l'exécution du contrat de travail
- Titre XIII Dispositions finales
- Annexes
- Annexe 1 Glossaire général de la classification
- Annexe 2 Glossaire relatif au référentiel paritaire d'analyse des emplois visé à l'article 60 « Méthode de classification »
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Source : base KALI (Légifrance / DILA), texte officiel de la convention collective IDCC 3248. Informations fournies à titre indicatif.